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L’ancien tribunal

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Le tribunal de Domfront a été construit en 1839, sous le second régime. C’était un tribunal de grande instance, jusqu’en 1959.

Comme tous les bâtiments judiciaires construits à cette époque, ses lignes, son agencement sont très codifiés. Son lieu d’implantation est stratégique : dans la ville haute, le cœur historique de Domfront, protégé par les enceintes fortifiées de la cité médiévale, au carrefour des principales voies de communication avec les villes du ressort. Son architecture est élancée, monumentale.

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Lorsque le regard s’élève, celui-ci se fixe aussi sur un élément décoratif et symbolique très fréquemment utilisé dans l’architecture judiciaire : une représentation stylisée des Tables de la Loi.

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Dans la salle d’audience, plusieurs éléments frappent le regard :

Les deux allégories disposées sur le mur faisant face au juge ont, quant à elles, été peintes par Nicolas Gosse, peintre du XIXe siècle.

A gauche, il a représenté la Force et ses attributs : une massue, un lion, le faisceau de licteur. La force préfigure l’autorité dans l’acte de juger, autorité de la chose jugée, mais aussi autorité prise au sens propre, car l’art de juger ne se confond pas avec celui de plaire.

A droite, le peintre a mis en scène la Réflexion qui tient entre les mains le Caducée symbolisant les choses complexes, et qui est entourée de cerfs, symboles de renouveau et d’apaisement. Ce tableau préfigure quant à lui le moment du délibéré. Les débats clôturés, l’affaire est mise en délibéré, à l’abri des pressions et des influences, le juge est face à sa conscience pour construire une décision qui respecte le droit et apaise le conflit qui a été mis en scène devant lui. Cette décision c’est une parole d’autorité, elle devra donc être juste, de bon sens, argumentée, motivée disent les juristes, pour emporter l’adhésion des parties et être en définitive respectée.

 

La voûte bleue parsemée d’étoiles et d’abeilles qui fait référence aux voûtes des églises romanes et renvoie aussi à l’un des symboles célèbres de l’Empereur.

 

Mais d’autres éléments ornementaux ou architecturaux ont aussi un sens qui mérite d’être précisé :

La cancella, ou la barrière, élément essentiel de la scène judiciaire, qui marque la place du prévenu ou du témoin, divise le prétoire entre le camp du demandeur et du défendeur, de l’accusé ou de la partie civile.

La systématisation de la division et la symétrie, dans l’organisation des bancs du public, des places réservées aux avocats, des pupitres, des tableaux, qui rappelle que la scène judiciaire est celle avant tout d’un combat judiciaire.

La tenture enfin de couleur bleue qui est l’espace le plus éloigné de l’entrée, et le plus proche du juge dont il renforce le statut de médiateur.